Le Nord de l’Ontario : plus isolé que jamais

Une lettre ouverte à l’équipe de gestion et du service à la clientèle de VIA Rail Canada


Je vous fais parvenir mes commentaires entourant l’absence de certaines fréquences de vos trains dans le Nord de l’Ontario et du besoin de les remettre en service immédiatement.

Au cours de la dernière année et demie, des voyageurs comme moi ont remarqué qu’il est devenu un peu trop difficile de se déplacer dans cette région du pays. Le nombre de liaisons aller-retour par semaine du train de Sudbury-White River est passé de trois à une seule. Le Canadien, qui circule habituellement deux fois par semaine (déjà trois fois il y a cinq ans), a été suspendu pendant une période de 14 mois avant de revenir en service … la moitié du temps.

C’est une situation qui complique inutilement la vie de ceux et celles qui doivent régulièrement faire des déplacements essentiels.

Les inconvénients sont déjà nombreux lorsqu’on planifie un voyage dans le Nord de l’Ontario.

Moi-même, je dois prendre ma voiture et parcourir une distance de 130 kilomètres afin de me diriger à la gare VIA qui se retrouve plus près de chez moi – Sudbury. L’autobus d’Ontario Northland n’est pas une véritable option, car les horaires ne s’alignent pas.

Une fois terminé mon trajet de 484 km en train, mon partenaire me ramasse avec sa voiture à White River et on fait quatre heures de route ensemble pour se rendre à Thunder Bay. Par contre, si elle ne peut pas me rencontrer, je n’ai pas d’autre choix que de me réserver une chambre de motel. Encore une fois, il n’y a pas de correspondances possibles en autocar le jour même.

En revenant de Thunder Bay, je dois prendre une autre liaison ferroviaire – le Canadien – pour des raisons liées à la pénurie des fréquences du service entre Sudbury et White River. Il faut d’abord quitter la plus grande ville du nord-ouest de l’Ontario et conduire pendant quelques heures – sur des routes provinciales à une voie où le réseau cellulaire est inexistant ou très faible – avant d’arriver à la gare d’Armstrong ou de Longlac.

Dans ces deux collectivités, les salles d’attente ne sont pas accessibles au public. Il faut donc attendre l’arrivée du train dans sa voiture, ou pour les gens moins privilégiés, à l’extérieur – parfois dans des températures très chaudes ou très froides selon la saison.

Dès mon retour dans la ville du nickel, j’ai une distance supplémentaire à faire dans un taxi – 15km de la gare de Sudbury Junction à celle du centre-ville – avant de finalement retrouver ma voiture pour rentrer chez moi.

Plus que jamais, les Nord ontariens sont isolés et cela a de véritables conséquences dans leurs vies.

L’avion coute trop cher. L’autobus n’est pas un moyen de transport confortable sur des distances de plus de quelques centaines de kilomètres. La voiture ne permet pas aux gens de faire autre chose que de garder l’œil sur la route.

Et que dire des personnes qui ne possèdent pas de voiture, qui ne peuvent plus conduire ou qui ont des problèmes de santé non liés à la pandémie?

Avec la reprise de plusieurs services quotidiens dans le corridor Québec-Windsor, j’ai du mal à comprendre pourquoi VIA Rail ne pourrait pas remettre en service les deux autres fréquences du train entre Sudbury et White River, et la deuxième fréquence du Canadien.

On aime bien la voie dans le Nord de l’Ontario. Pouvez-vous, s’il vous plait, arrêter de nous mettre les bois dans les roues et, de grâce, remettre en service nos trains?

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